mercredi 14 novembre 2007

Premières expériences, premières interrogations

Ces trois derniers jours, j’ai assisté à deux débats participatifs pour les municipales. Le premier s’affirmait en tant que tel et regroupait quelques élus et habitants du IVème arrondissement de Paris autour de Dominique Bertinotti ; il avait pour thématique « le bruit en milieu urbain ». Le second, concernant l’Enseignement supérieur, l’innovation et la recherche à Paris dans le cadre de la campagne de Bertrand Delanoë, rassemblait une population mélangée d’étudiants, d’enseignants-chercheurs et de chercheurs (et d’élus, aussi). Évidemment, étant donné leurs problématiques, les deux débats n’avaient pas la même ampleur. Cependant ils présentaient les mêmes caractéristiques générales : une tendance très forte des participants à évoquer leur propre situation (problèmes, position…), sans proposer de solution à l’échelle de la cité ou tout au moins du groupe, ce qui est l’un des objectifs du débat ; la nécessité constante qu’ont les élus de rappeler les limites de leur domaine d’action, c’est-à-dire le fonctionnement institutionnel. Dans le premier débat, D. Bertinotti dut rappeler que le maire n’a de pouvoir que dans l’espace public, et non dans l’espace privé, où les conflits doivent se gérer entre les individus ; dans le second, B. Delanoë précisait bien que la gestion des universités, thème abordé par plusieurs intervenants, n’était pas de son ressort.
Inutile d’entrer plus avant dans les détails de contenu de ces réunions. Il appartient à d’autres de traiter le fond, qu’il concerne les nuisances sonores ou la LRU. Pour ma part, c’est le fonctionnement de ces réunions « participatives » qui m’intéresse ici. Si le deuxième débat était intitulé « rencontre avec B. Delanoë », il recouvrait les mêmes formes que le premier : très rapide présentation du sujet, parole laissée au public, accumulation de questions et réponses. Une différence entre les deux : lors du cosidetto débat participatif, au bout de quelques questions, de vraies réponses étaient données. En outre, lors du débat, les participants avaient tendance à réellement poser des questions, alors que les questions posées lors de la rencontre avec B. Delanoë étaient plutôt rhétoriques et tendaient à exposer une situation ou une position politique.

Rencontre, débat, les deux mots sont différents. Dans un débat, on s’attend à un échange entre les participants, et non pas un échange participants / élu. Dans la rencontre, clairement, l’échange se fait de tous vers un ; dans le débat, il devrait se faire de tous vers tous. Or, lors des deux soirées, le fonctionnement a été le même : des questions adressées à une (ou deux) personnes, et très peu de références à ce qui avait été dit par les autres participants. En outre, l’expression de « débat participatif » me laisse songeuse : qu’est-ce que serait un débat non-participatif ? Une rencontre où personne ne parle ?
La notion de participation du citoyen est au cœur de la nouvelle pratique politique. La démocratie participative apparaît comme la forme la plus démocratique, celle qui permet de faire le lien entre un élu (ou futur élu) et ceux qui le soutiennent. Mais que signifie cette expression de « démocratie participative » ? Des deux réunions auxquelles j’ai assisté, laquelle est la plus proche de la « démocratie participative » ? Quelles peuvent être les vertus d’une telle pratique de la démocratie, et à quelle(s) autre(s) pratique(s) de la démocratie s’oppose-t-elle ?

Pour essayer de mieux cerner cette notion et ses implications pratiques, j’utiliserai dans ce blog ma pratique professionnelle, à savoir mes connaissances d’historienne. Spécialiste de l’antiquité, je me risquerai dans les périodes plus « tardives », au risque de commettre des erreurs et des généralisations que certains, j’espère, rectifieront.
Mais comme à chaque jour suffit sa peine, ma découverte de la démocratie participative commencera dans les jours qui viennent.

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